Jeudi le 29 septembre 2022, le ministère des Finances, du Budget et de la Planification Économique, a organisé un atelier pour rendre public le mémorandum économique du Burundi. L’objectif de ce mémorandum étant de booster la croissance économique du Burundi, notre collègue Kelvin Ndihokubwayo mise sur trois leviers à actionner pour y arriver.

L’objectif de ce mémorandum économique était d’identifier des opportunités pour accélérer la croissance économique du Burundi, créer davantage d’emplois, et offrir les meilleures conditions de vie à la population burundaise. 

Pour y arriver, ce mémorandum a fait une analyse sur les sources de vulnérabilités et de ses implications sur le niveau de vie de la population, les caractéristiques de la croissance et les principales contraintes pour atteindre la croissance plus élevée, les échanges commerciaux et le potentiel en matière du commerce et d’intégration régionale pour soutenir la croissance du secteur agricole et de son potentiel à booster la croissance économique, sans oublier les reformes prioritaires pouvant aider le Burundi à atteindre une croissance économique plus rapide, stable et durable.

Les trois fondamentaux

Alors que le Plan National du Développement du Burundi 2018-2027, s’appuie sur une prévision de croissance de 10 %, les différents projets de loi des finances n’ont que des prévisions de taux de croissance du PIB projetés à 3,6 % en 2022 et 4,6 % en 2023. Pour que ce mémorandum économique ne soit pas de la poudre de perlimpinpin, trois leviers devraient être actionnés :

De un, la protection solide de la propriété privée est primordiale. Ce dernier doit être assuré par les institutions et autorités en place, pour qu’elle ne soit spoliée de façon excessive ou arbitraire. De cette façon, les travailleurs auront intérêt à travailler, les épargnants et les investisseurs sentiront qu’ils peuvent conserver de façon sécuritaire et motivante leurs capitaux sur le territoire burundais, et les entrepreneurs, eux, sauront qu’il vaut la peine de prendre des risques et de tenter de bâtir une organisation pour le long terme. Ce trio travailleurs-investisseurs-entrepreneurs créera un cercle vertueux qui favorisera une croissance économique forte et durable.

De deux, un bon climat des affaires, sain et stimulant pour les innovateurs est plus que nécessaire. Un tel environnement qu’elle soit sociale, économique, technique ou managériale, générera une croissance économique plus avantageuse par rapport à celles qui sont plus autoritaires, monopolisées et centralisées, et ce sont tous les Burundais qui en bénéficieront.

De trois, il faut un système d’éducation de qualité, favorisant d’une part le libre choix des parents et des étudiants, et d’autre part la concurrence entre les institutions d’enseignement. Un tel système ne favorise pas seulement les études universitaires, mais aussi la formation technique et professionnelle. Une main-d’œuvre éduquée, compétente et dotée d’une bonne capacité d’adaptation face aux aléas de la vie économique, est forcément un des piliers de la croissance économique. 

Les préalables

Le Burundi est capable d’augmenter son taux de croissance économique comme il l’a déjà démontré entre 2006 et 2014. Les recommandations qui ont été formulées dans ce mémorandum économique, entre autres la restauration de la stabilité macroéconomique, l’augmentation de la productivité agricole, la dynamisation des échanges commerciaux, la gestion du capital naturel pour augmenter les revenus, la réduction des conflits, le soutien des activités de la femme et de la jeunesse, l’investissement dans des infrastructures et la prestation des services, le renforcement de la gouvernance et les institutions, etc…, ne se feront qu’en cas du respect de ces trois fondamentaux.